
ÊTRE MIS.E EN SCÈNE par ÉRIC BU
Le fantôme d’Yvette - Le travail de la mémoire
15 juin 2026
19 juin 2026
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Ce stage propose un travail approfondi sur les différentes formes de mémoire mobilisées par l’acteur et l’actrice au plateau : mémoire des mots, mémoire corporelle, mémoire sensorielle, mémoire retrouvée.
Le support principal est l’adaptation scénique d’un podcast issu de l’émission « Passages » de Louie Média, intitulé Le fantôme d’Yvette.
Ce récit articule un double mouvement mémoriel.
• Celui d’André Dumas, auteur du début du XXe siècle, qui publie un roman autobiographique afin de lutter contre l’effacement de sa fille Yvette, morte à six ans de la scarlatine.
• Celui d’une femme qui, en 2018, découvre ce livre oublié et se sent investie de la responsabilité de transmettre cette histoire. Son enquête sur la vie d’André Dumas et sur le destin du livre réactive sa propre mémoire familiale et bouleverse son présent.
À partir de ce matériau, les stagiaires travaillent à la construction d’une forme scénique collective. Le rôle de l’enquêtrice circule entre l’ensemble des participant·e·s. L’objectif est de produire environ quarante minutes de matière jouable.
Le stage interroge la manière dont la mémoire d’un autre active nos mémoires intimes, comment elle se manifeste par la parole, le corps, les gestes, les silences, et comment un objet ou une odeur peut devenir un déclencheur de jeu. Le travail de mémoire est abordé comme un outil de présence et de composition scénique, ancré dans le présent du plateau.
- Mobiliser les différentes formes de mémoire de l’acteur au service du jeu et de la présence scénique.
- Adapter un matériau narratif documentaire en une forme scénique collective jouable.
- Composer et stabiliser une partition de jeu au présent, intégrant parole, corps et relation au public.

Axe 1 – Approche dramaturgique et matière documentaire
• Lecture et analyse du podcast
• Identification des lignes de mémoire à l’œuvre
• Repérage des figures, situations et tensions adaptables au plateau
• Définition d’un cadre de jeu commun
Axe 2 – Mémoire et acteur
• Travail sur la mémoire du texte et de la parole
• Activation de la mémoire corporelle
• Exercices de mémoire sensorielle (objets, odeurs, stimuli précis)
• Observation des effets de la mémoire sur le rythme, la posture et la voix
Axe 3 – Improvisation et adaptation
• Improvisations dirigées à partir des scènes du podcast
• Adaptation progressive à la distribution des stagiaires
• Circulation du rôle de l’enquêtrice
• Structuration des scènes issues de l’improvisation
Axe 4 – Composition scénique
• Sélection et assemblage des scènes
• Travail de continuité dramaturgique
• Ajustement du rapport au public
• Stabilisation d’une forme d’environ quarante minutes
Axe 5 – Présent du jeu et transmission
• Reprise des scènes dans une logique de jeu au présent
• Précision des actions et des enjeux
• Travail sur la présence partagée avec le public
• Mise en cohérence de la forme finale


ERIC BU
Metteur en scène, Auteur




Distinctions
2025 : Nomination au Molière de la comédie pour Je m’appelle Georges.
2024 : Prix Cultura (Festival Off Avignon) pour Les frottements du cœur (Mise en scène Éric Bu).
2023 : Nomination au Molière de la comédie pour Le retour de Richard 3 par le train de 9h24 (Mise en scène Éric Bu).
2020 : Molière du meilleur spectacle musical pour Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? (Co-auteur). La pièce remporte également le Molière de la Révélation Féminine cette année-là.
2009 : Prix France Télévision au Short Film Corner (Festival de Cannes) pour le court-métrage Le Soleil des Ternes.
Comment définiriez-vous votre style de mise en scène ?
Je m'inspire des comédiens pour construire leur (leurs) personnage(s). Dans un second temps, je travaille l'enjeu de chaque scène pour créer une tension dramatique. je travaille souvent sur un rythme soutenu, avec un ton entre drame et comédie. Enfin, l'imaginaire du spectateur étant sans limite, je pousse les comédiens à inclure celui-ci dans son jeu, en tant que partenaire, pour offrir généreusement au public de quoi mieux se projeter dans la scène. J'aime travailler dans la joie, j'aime libérer l'inspiration de l'instant. J'aime retrouver une liberté presque enfantine dans le jeu "On dirait que tu es..." Oui, tout ce travail pour que la mise en scène devienne un "jeu d'enfant".
Comment recrutez-vous vos comédien.ne.s ? Et qu’attendez-vous d’eux ?
De façon très diverse, ça dépend des projets. Parfois j'écris pour une distribution pré-établie. Parfois je projette une distribution rêvée après avoir écrit, en fonction des comédiens avec qui j'ai envie de travailler (parce que je les connais depuis longtemps, parce que je les ai adoré dans un spectacle, parce que je les ai rencontré dans un stage..). Mais j'aime aussi beaucoup faire des auditions, parce qu'elles enrichissent le point de vue que je peux avoir sur un personnage.
Selon vous, quel est le rôle d’un metteur en scène ? Et comment faire une bonne mise en scène ?
Se mettre au service du texte, des comédiens, du spectateur (dans cet ordre)... Se laisser surprendre, s'émouvoir... Savoir prendre du recul rapidement et renoncer aux béquilles pour ne conserver que l'essentiel.
Quelles sont vos plus grandes influences ?
Étant autodidacte, j'ai été marqué par les auteurs-metteurs en scènes qui ont su transmettre un travail très exigeant tout en restant accessible à un large public. Ceux qui transmettent la joie de créer et qui s'appuient sur l'imaginaire du public sans forcément passer par des scénographies envahissantes, ceux qui assument la fantaisie et l'humour, qui font des choses très sérieuses sans jamais se prendre trop au sérieux : Caubère, Mnouchkine, Savary... Et plus près de nous, Pommerat, Jean-Christophe Dollé, Pierre Notte...
Que souhaitez-vous transmettre durant votre stage au sein du Libre Acteur ?
De la joie ! Mais je cherche à apprendre aussi ! Parce qu'à chaque stage, que je considère à chaque fois comme un projet, j'apprends aussi beaucoup de mes rencontres avec les stagiaires. Mais je pense pouvoir aussi transmettre de la confiance, de l'enthousiasme pour oser pousser les choses, pour être généreux dans ses propositions. Et enfin, un peu de précision et de technique théâtrale pour les comédiens qui en auraient besoin. (Mais c'est ce qui demande le plus de temps.)
Quel est le plus gros challenge que vous avez rencontré dans votre carrière ?
Chaque pièce est un nouveau challenge...
Quelle est la pièce ou le texte que vous rêveriez de monter ?
Parmi les classiques, j'aimerais adapter la Religieuse. Pour les contemporains, n'importe quel texte de Denis Lachaud, Léonore Confino... J'adorerai également adapter certains reportages de Florence Aubenas. Mais je me méfie de mes envies, parce qu'on se rêve parfois à un endroit qui n'est pas le notre.
Quelle est la question qu'on ne vous a pas pas posée ici à laquelle vous aimeriez répondre ?
Vos influences extérieures au théâtre ? Mes influences sont aussi bien théâtrales que cinématographiques et littéraires. Moi qui ai fait (et qui réalise toujours) des films, je pense que ça me donne une certaine liberté quand à la matière dramaturgique, que je n'hésite pas à travailler comme un montage de film. je n'hésite pas non plus à créer des espaces mentaux, bien plus forts et bien plus souple que n'importe quelle scénographie ou effet sfx... Et je me méfie tout aussi bien de la vidéo dans les spectacles, quand celle-ci n'est utilisée que comme illustration ou cache-misère... Le jeu en revanche, ne peux pas être cinématographique. Dès que l'acteur est sur un plateau, j'attends bien autre chose de sa part qu'un jeu naturaliste.
De 2008 à 2016, Éric Bu réalise huit films, dont trois longs métrages. Son court métrage Le Soleil des Ternes, avec Frédéric Pierrot et Sabrina Ouazani, est récompensé à Cannes par le prix France Télévision au Short Film Corner.
Depuis 2018, il se consacre au théâtre en tant qu’auteur et metteur en scène. Il co-écrit Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? (mise en scène Johanna Boyé) qui remporte deux Molières en 2020, dont celui du meilleur spectacle musical. En parallèle, il écrit et met en scène Lorsque Françoise paraît, créé au Théâtre Lepic en 2020, qui connaît un grand succès en tournée et au festival d'Avignon.
Il met également en scène l’adaptation de son propre film, Le retour de Richard 3 par le train de 9h24 (pièce de Gilles Dyrek). Après un triomphe au Théâtre Actuel La Bruyère, la pièce est nommée aux Molières 2023 dans la catégorie « Meilleure Comédie ».
Son actualité récente est particulièrement riche avec trois spectacles à l'affiche. Il met en scène Je m’appelle Georges de Gilles Dyrek : créé à Avignon en 2024 et repris au Théâtre Actuel La Bruyère de janvier à octobre 2025, le spectacle est nommé au Molière de la meilleure comédie 2025. La Voix d’or, spectacle musical qu'il co-écrit et met en scène, est à l’affiche du Théâtre de la Gaîté Rive Gauche de juin 2025 à janvier 2026, tout en poursuivant sa tournée. Enfin, Les frottements du cœur, seul en scène de Katia Ghanty qu'il dirige (Prix Cultura Off Avignon 2024), s'installe au Théâtre des Gémeaux Parisiens pour la saison 2025/2026.
« Je m’appelle Georges » : Créée au Festival Off d'Avignon 2024, cette comédie est reprise avec succès au Théâtre Actuel La Bruyère de janvier à octobre 2025. La pièce vaut à l'équipe une nomination pour le Molière de la Meilleure Comédie 2025. Elle est actuellement en tournée pour la saison 2025/2026.
« La Voix d’or » : Ce spectacle musical, qu'il co-écrit avec Thibaud Houdinière et met en scène, s'installe dans la durée. Après le Théâtre Actuel La Bruyère, il est repris au Théâtre de la Gaîté Rive Gauche à partir de juin 2025, tout en poursuivant sa tournée à travers la France.
« Les frottements du cœur » : Seul en scène de et avec Katia Ghanty qu'il dirige (Prix Cultura Off Avignon 2024), le spectacle s'installe au Théâtre des Gémeaux Parisiens pour une longue exploitation de septembre 2025 à mars 2026.
