
ÊTRE MIS.E EN SCÈNE par JUSTINE HEYNEMANN
De l'épique à l'intime
11 mai 2026
15 mai 2026
-
Je suis éblouie par la faculté qu’a le théâtre d’être un espace pouvant accueillir des fresques immenses tout autant que des bulles d’intimités absolument saisissantes. Je crois que c’est le propre même du théâtre : pouvoir être aussi large que minuscule, foisonnant que minimaliste, puissant que fragile.
Par exemple, la pièce Macbeth me fascine par son alternance de séquences fantastiques ou chevaleresques avec des scènes intimistes d’une finesse psychologique saisissante. C’est aussi incongru que de passer du péplum au cinéma d’auteur au sein d’un même film et pourtant, sur scène, cela semble totalement évident.
Comment un acteur peut-il se saisir, s’approprier et alterner ces deux esthétiques (l’épique et l’intime) tout en demeurant dans la vérité de son personnage ? C’est ce questionnement que je souhaiterais travailler lors de ce stage.
Le matériel pour éprouver cette mobilité d’acteur sera le même dont je me suis servie pour écrire Wilusa, adaptation de L’Iliade que je viens d’achever. Pour m’inspirer, j’avais aussi bien retraversé le texte d’Homère que les tragiques grecs, qu’une grande partie de l’œuvre de Shakespeare, sans oublier des références plus modernes comme des romans (Le Chant d’Achille de Madeleine Miller) ou encore la comédie musicale Six.
J’envisage cette semaine de stage comme un laboratoire me permettant d’explorer à nouveau cette matière avec un groupe d’acteurs. C’est une opportunité magnifique de voir ainsi se poser sur cette pièce encore si fraîche des regards neufs et de donner corps et voix à des personnages encore couchés sur le papier. Ce stage est une grande chance offerte à un metteur en scène, un moment précieux, dégagé de toute pression, qui me permettra de découvrir des interprètes dans la sincérité de la recherche artistique.
- Élargir sa palette de jeu
- Aller à la rencontre de nouveaux personnages
- Renouer avec sa fantaisie d’enfant
- Retrouver sa singularité de jeu

Le matin : exercices et improvisations visant à développer et valoriser la singularité de chaque participant·e.
L’après-midi : travail de scènes proposant des personnages puissants, en comédie comme en drame, face à des situations extrêmes, afin d’amener chacun·e à se dépasser.


JUSTINE HEYNEMANN
Metteuse en scène, Autrice




Distinctions :
2015 - Prix Beaumarchais de la critique - Association Beaumarchais-SACD - La Discrète Amoureuse
2015 - Nomination aux Molières (deux catégories) - La Discrète Amoureuse
2018 - Nomination au Molière du jeune public - Les Petites Reines 2019 - Prix SACD de la mise en scène - SACD
2022 - Chevalier des Arts et des Lettres - Ministère de la Culture 2023 - Nommée parmi les 100 Femmes de Culture - Association Femmes de Culture
2024 - 5 nominations aux Trophées de la Comédie Musicale (meilleur spectacle, mise en scène, livret, 2nd rôle féminin, artiste révélation féminine) - Punk.e.s
2025 - Nomination au Molière du spectacle musical - Punk.e.s
2025 - Lauréate du Fonds SACD-Ministère de la Culture Grandes Formes Théâtre - Olympe(s)
Justine Heynemann est lauréate à vingt ans d'un concours de la Fondation de France, ce qui lui permet de créer la compagnie Soy Création en 1996. Passée par le Cours Florent, elle s'oriente vers la mise en scène et commence par revisiter des classiques - Le Misanthrope, Louison, Andromaque - joués dans toute la France et au Festival d'Avignon.
Elle explore ensuite le théâtre contemporain, notamment Bakou et les adultes de Jean-Gabriel Nordmann au Théâtre du Rond-Point, puis écrit en 2007 Rose Bonbon, son premier texte. Sa mise en scène de La Discrète Amoureuse de Lope de Vega au Théâtre 13 obtient le prix Beaumarchais de la critique et une double nomination aux Molières. Elle entame une collaboration régulière avec Rachel Arditi, avec qui elle adapte Les Petites Reines et Songe à la douceur d'après Clémentine Beauvais, puis co-écrit Lenny, hommage à Leonard Bernstein au Théâtre du Rond-Point. Son travail se caractérise par un goût pour la comédie en demi-teinte, entre humour et émotion, et par un théâtre qui cherche à fédérer les publics et rassembler les générations. Elle dirige depuis une quinzaine d'années La Cuisine, lieu de la compagnie dans le 5e arrondissement de Paris, où sont dispensés ateliers et stages pour amateurs, enfants et adultes. En 2019, elle reçoit le prix SACD de la mise en scène.
En 2024, elle met en scène Culottées d'après Pénélope Bagieu au Studio-Théâtre de la Comédie-Française. En 2026, elle crée Olympe(s) avec Rachel Arditi à l'Espace des Arts de Chalon-sur-Saône, où elle est artiste associée.
